Simplifiez votre compta avec un expert-comptable à vos côtés
Se faire accompagner
🎁 Offre : jusqu’à 4 mois offerts jusqu’au 31/01 ! ⏳ J’en profite

Le Blog de Clementine
Guides, conseils et astuces pour piloter votre activité avec sérénité.
Dernière mise à jour le · 12 min

Résumé de l’article
La liquidation judiciaire met fin définitivement à l’activité d’une entreprise en cessation des paiements lorsque aucun redressement n’est possible, avec vente des actifs pour payer les créanciers.
Il existe une liquidation classique, complète et parfois longue, et une liquidation simplifiée, plus rapide et réservée aux petites structures sans biens immobiliers.
La procédure suit des étapes strictes : déclaration sous 45 jours, jugement d’ouverture, vente des actifs, règlement des créanciers et clôture.
Pendant la procédure, le dirigeant est totalement dessaisi de la gestion, mais conserve certains biens protégés et, après clôture, bénéficie de l’effacement des dettes professionnelles et du droit au rebond.
Le coût est réglementé et limité à environ 2 700 à 2 850 €, et des sanctions ne sont possibles qu’en cas de faute de gestion grave prouvée.
Votre entreprise ne peut plus payer ses dettes avec son actif disponible ? La liquidation judiciaire constitue la procédure ultime lorsque le redressement devient impossible. Cette décision met fin définitivement à l'activité et organise la vente des actifs pour rembourser les créanciers.
Mais comment se déroule concrètement cette procédure ? Quelles conséquences pour le dirigeant ? Quel coût prévoir ? Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur la liquidation judiciaire et vos droits au rebond.
La liquidation judiciaire désigne une procédure collective destinée à mettre fin définitivement à l'activité d'une entreprise en situation de cessation des paiements lorsque son redressement s'avère impossible. Cette procédure est encadrée par les articles L640-1 et suivants du Code de Commerce.
Deux conditions cumulatives doivent être réunies pour ouvrir une liquidation judiciaire :
La cessation des paiements : l'entreprise ne peut plus régler ses dettes exigibles avec son actif disponible (trésorerie, créances à court terme)
Le redressement manifestement impossible : aucune solution de sauvetage (plan de redressement, cession) n'est envisageable.
Toutes les structures professionnelles peuvent être concernées : entrepreneurs individuels (EI), micro-entrepreneurs, sociétés commerciales, professions libérales, artisans et commerçants.
💡 À savoir : Depuis janvier 2025, 12 tribunaux des activités économiques (TAE) remplacent les tribunaux de commerce dans certaines grandes villes (Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles) pour gérer les procédures collectives dont la liquidation judiciaire.
La liquidation judiciaire se distingue fondamentalement du redressement judiciaire par son objectif et ses conséquences.
Le redressement judiciaire vise à sauver l'entreprise en difficulté. Il intervient lorsque le redressement reste encore envisageable malgré la cessation des paiements. L'activité se poursuit pendant une période d'observation pouvant aller jusqu'à 18 mois, durant laquelle l'entreprise élabore un plan de continuation ou recherche un repreneur. Les salariés conservent leur emploi pendant cette période.
La liquidation judiciaire, à l'inverse, organise la fermeture définitive de l'entreprise lorsque son redressement est devenu manifestement impossible. L'activité cesse immédiatement (sauf maintien exceptionnel de 6 mois maximum si une cession apparaît envisageable). Les salariés font l'objet d'un licenciement économique dans les 15 jours suivant le jugement. Les actifs sont vendus pour rembourser les créanciers.
Cette distinction essentielle détermine quelle procédure le tribunal prononcera selon la situation financière réelle de l'entreprise et ses perspectives de redressement.
La liquidation judiciaire classique s'applique à toutes les entreprises en cessation des paiements, quelle que soit leur taille ou leur structure. Cette procédure concerne aussi bien les entreprises possédant des biens immobiliers (hors résidence principale de l'entrepreneur individuel) que celles n'en détenant pas.
Elle se caractérise par une procédure complète incluant la vérification de l'intégralité des créances déclarées par les créanciers. Le liquidateur judiciaire examine chaque créance pour en vérifier le montant, la nature et le rang de privilège.
La durée de cette procédure varie considérablement selon la complexité du dossier : de plusieurs mois pour les structures simples à plusieurs années pour les dossiers comportant de nombreux actifs, créanciers ou litiges. Cette formule s'avère particulièrement adaptée aux structures importantes ou présentant une organisation comptable et patrimoniale complexe.
La liquidation judiciaire simplifiée constitue une procédure allégée réservée aux entreprises répondant à des critères spécifiques :
L'entreprise ne doit détenir aucun bien immobilier (à l'exception de la résidence principale pour l'entrepreneur individuel)
Présenter un actif simplifié
Et remplir au moins l'une de ces conditions : avoir employé moins d'un salarié au cours des six mois précédant l'ouverture de la procédure OU avoir réalisé un chiffre d'affaires inférieur à 300 000 € HT
La durée se limite à 6 mois maximum (extensible à 12 mois si l'entreprise compte plus d'un salarié ET dépasse 300 000 € de CA, avec une prolongation exceptionnelle de 3 mois possible).
Les formalités sont considérablement allégées puisque le liquidateur vérifie uniquement les créances salariales et celles payables avec l'actif disponible, sans examiner l'exhaustivité des créances. La vente des actifs s'effectue directement, sans autorisation préalable du juge-commissaire et la procédure génère moins de frais indirects grâce à sa brièveté.
💡 À savoir : Si le liquidateur découvre un bien immobilier pendant la procédure, celle-ci bascule automatiquement en liquidation classique.
Le dirigeant dispose d'un délai maximum de 45 jours suivant la cessation des paiements pour effectuer sa déclaration de cessation des paiements auprès du tribunal compétent. Ce dépôt de bilan constitue une obligation légale. Un retard volontaire expose le dirigeant à une interdiction de gérer pouvant aller jusqu'à 15 ans.
Trois acteurs sont habilités à demander l'ouverture d'une liquidation judiciaire : le dirigeant lui-même (qui en a l'obligation), un créancier de l'entreprise (fournisseur, bailleur, créancier public comme l'Urssaf ou le Trésor public) ou le Procureur de la République.
La compétence territoriale dépend de la nature de l'activité : le tribunal de commerce traite les dossiers des activités commerciales et artisanales, le tribunal judiciaire gère ceux des professions libérales et agricoles. Depuis 2025, 12 tribunaux des activités économiques (TAE) se substituent aux tribunaux de commerce dans les grandes métropoles.
Le dossier de demande comprend :
L'extrait K-bis ou l'attestation RNE de moins de 7 jours
L'état détaillé des créances et des dettes
L'état de l'actif et du passif incluant les sûretés et engagements hors bilan (datant de moins de 7 jours)
Les comptes annuels du dernier exercice clos
Une situation de trésorerie de moins d'un mois
La liste complète des salariés avec leur rémunération
Un inventaire exhaustif des biens de l'entreprise
Une copie de la pièce d'identité du dirigeant
Après vérification des conditions de cessation des paiements et d'impossibilité de redressement, le tribunal prononce le jugement d'ouverture et nomme trois acteurs clés :
Le liquidateur judiciaire : mandataire professionnel inscrit au greffe, il remplace le dirigeant dans tous ses pouvoirs
Le juge-commissaire : ce dernier veille au déroulement rapide de la procédure et protège les intérêts de toutes les parties
Le représentant des salariés (si un CSE existe) : celui-ci contrôle les créances salariales et vérifie le reversement des sommes dues.
Dans les 15 jours suivant le jugement, trois formalités de publicité doivent être accomplies : mention au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) ou au Répertoire National des Entreprises (RNE), publication d'un avis au BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales) et parution d'une annonce légale dans un journal habilité du département.
L'activité cesse immédiatement, sauf maintien exceptionnel de 6 mois maximum si une cession apparaît envisageable. Le dirigeant subit un dessaisissement total : il perd tous ses pouvoirs de gestion sur le patrimoine professionnel ET personnel de l'entreprise.
Les créanciers disposent d'un délai de 2 mois à compter de la publication au BODACC pour déclarer leurs créances auprès du liquidateur. Les poursuites individuelles sont arrêtées et le cours des intérêts (conventionnels, légaux, majorations) cesse immédiatement, sauf pour les prêts d'une durée initiale supérieure à un an. Toutes les dettes deviennent immédiatement exigibles, y compris le capital restant dû des emprunts non encore échus.
Les salariés font l'objet d'un licenciement économique dans les 15 jours suivant le jugement (21 jours si un plan de sauvegarde de l'emploi doit être mis en place). Leurs créances salariales (salaires, indemnités de licenciement, préavis) sont garanties et prises en charge par l'AGS (Association pour la Gestion du régime de garantie des Salaires).
Le liquidateur examine les créances selon le type de procédure. En liquidation classique, toutes les créances déclarées font l'objet d'une vérification. En liquidation simplifiée, seules les créances salariales et celles payables avec l'actif disponible sont contrôlées.
Trois modalités s'offrent au liquidateur pour réaliser les actifs :
Le plan de cession : permet une vente globale de l'entreprise à un repreneur
Les ventes séparées : la liquidation est organisée actif par actif (matériel, stocks, fonds de commerce)
La vente aux enchères : elle intervient en l'absence d'offre.
Le produit de la vente est distribué selon un ordre de priorité strictement légal : les salaires (créances super privilégiées) en premier, puis les frais de justice incluant les honoraires du liquidateur, suivis des dettes sociales et fiscales (impôts, Urssaf), des créances privilégiées garanties par hypothèque, gage ou nantissement, et enfin des créances chirographaires ordinaires sans garantie.
Le débiteur est convoqué 2 mois avant la fin du délai prévu pour assister au jugement de clôture, sa présence étant obligatoire.
Le tribunal peut prononcer deux types de clôture selon la situation financière finale de l'entreprise.
La clôture pour extinction du passif, cas rare, intervient lorsque tous les créanciers ont été intégralement remboursés. Un éventuel boni de liquidation est alors distribué aux associés.
La clôture pour insuffisance d'actif, cas le plus fréquent, constate que les actifs ne suffisent pas à rembourser tous les créanciers. Elle entraîne l'effacement automatique des dettes restantes.
L'entreprise est radiée du RCS ou du RNE, sa personnalité morale s'éteint (pour les sociétés) et les missions du liquidateur ainsi que du juge-commissaire prennent fin. La clôture fait l'objet d'une publicité au RCS/RNE, au BODACC et par annonce légale.
💡À savoir : Tout créancier peut saisir le tribunal pour demander la clôture de la liquidation après 2 ans d'ouverture de la procédure.
Le dirigeant ne peut plus gérer le patrimoine professionnel ET personnel de l'entreprise. Il lui est interdit de vendre, encaisser, payer, contracter ou résilier tout engagement. Le liquidateur judiciaire exerce tous les actes de gestion à sa place, disposant seul des pouvoirs sur les biens et les comptes.
Certains biens restent insaisissables malgré la procédure : la résidence principale de l'entrepreneur individuel (sauf renonciation volontaire à cette protection du patrimoine), les biens mobiliers nécessaires à la vie et au travail du foyer, les créances alimentaires (pensions, allocations familiales), les rentes d'accident du travail et la fraction insaisissable des traitements et salaires.
Le dirigeant conserve l'intégralité de ses droits personnels : droits successoraux (héritage, donations), droits civils (mariage, divorce, PACS, droit de vote, testament), et droits parentaux sur ses enfants.
Toutes les dettes professionnelles non payées sont définitivement effacées par le jugement de clôture pour insuffisance d'actif. Le dirigeant peut relancer une activité immédiatement, sans attendre la fin de la procédure.
Le droit au rebond s'applique si le dirigeant n'a fait l'objet d'aucune condamnation à une faillite personnelle, d'aucune interdiction de gérer, et n'a commis ni fraude fiscale ni dissimulation d'actifs, ni aucune sanction personnelle ou pénale.
Certaines dettes persistent : les fraudes fiscales et sociales avérées, les dettes personnelles du dirigeant (crédit immobilier, prêt à la consommation), les sanctions pénales et les dettes sociales Urssaf si le dirigeant s’est porté caution personnelle ou a été condamné à un comblement de passif.
Le dirigeant peut créer une nouvelle activité pendant la liquidation judiciaire en cours et constituer un nouveau patrimoine professionnel distinct. Exception majeure : impossibilité si condamnation pour liquidation avec insuffisance d'actif dans les 5 dernières années. Il peut alors choisir librement son nouveau statut juridique : EURL, SASU, ou autre forme de création d'entreprise.
La liquidation judiciaire génère des frais dont le montant est strictement encadré par la réglementation.
Les honoraires du liquidateur judiciaire constituent le poste principal avec un émolument fixe réglementé de 2 351,25 € (tarif 2024-2026 fixé par le CNAJMJ - Conseil National des Administrateurs Judiciaires et Mandataires Judiciaires). Si l'entreprise ne dispose d'aucun fonds, la Caisse des Dépôts et Consignations prend automatiquement en charge ces honoraires. Dans le cas contraire, ils sont prélevés sur les actifs disponibles.
Les autres frais obligatoires comprennent les frais de greffe du tribunal (200 à 300 €) et les annonces légales dans un journal habilité (150 à 200 €). La publication au BODACC est incluse dans les frais de greffe.
Le coût total estimé oscille entre 2 700 et 2 850 €.
💡 À savoir : Les honoraires ne sont jamais à la charge personnelle du dirigeant, sauf condamnation pour faute de gestion grave entraînant un comblement de passif.
En cas de faute de gestion grave avérée, le dirigeant s'expose à des sanctions civiles et pénales.
L'interdiction de gérer peut être prononcée pour une durée de 2 à 15 ans, empêchant le dirigeant d'exercer toute fonction de gestion, direction ou administration d'une société. La faillite personnelle, mesure plus sévère, cumule l'interdiction de gérer avec des interdictions civiques (droit de vote, éligibilité, accès à la fonction publique) pour une durée maximale de 15 ans. Le comblement de passif oblige le dirigeant à payer les dettes de l'entreprise sur son patrimoine personnel.
Le délit de banqueroute expose le dirigeant à une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende, assortie d'une interdiction d'exercer une fonction publique.
Détournement ou dissimulation d'actifs, comptabilité fictive ou absente, usage des biens sociaux à des fins personnelles, poursuite d'une activité déficitaire manifestement vouée à l'échec, dépenses personnelles excessives imputées à l'entreprise et retard volontaire dans la déclaration de cessation des paiements constituent les fautes de gestion les plus fréquemment sanctionnées.
💡À savoir : Les sanctions ne sont prononcées que si une faute de gestion est prouvée par le tribunal. Une simple défaillance d'entreprise pour raisons économiques (conjoncture défavorable, concurrence accrue, perte de marché) n'entraîne AUCUNE sanction automatique.
La liquidation judiciaire entraîne l'arrêt immédiat de l'activité, le licenciement des salariés sous 15 jours, la vente des actifs par le liquidateur et le dessaisissement total du dirigeant qui perd tous ses pouvoirs de gestion. Après la clôture pour insuffisance d'actif, les dettes professionnelles sont effacées et le dirigeant bénéficie du droit au rebond.
Le liquidateur vend les actifs de l'entreprise et paie les créanciers selon un ordre de priorité : salaires, frais de justice, dettes fiscales et sociales, créances garanties, puis créances ordinaires. Si les actifs ne suffisent pas, les dettes restantes sont effacées sauf fraude, caution personnelle ou comblement de passif.
Déclarer la liquidation dans les 45 jours permet d'éviter une interdiction de gérer, de bénéficier de l'effacement des dettes professionnelles après clôture, et de protéger sa résidence principale. Le droit au rebond autorise la création d'une nouvelle activité immédiatement.
Après le jugement de clôture, l'entreprise est radiée du RCS, les dettes professionnelles sont effacées, et le dirigeant peut immédiatement créer une nouvelle entreprise grâce au droit au rebond, sauf en cas de condamnation à une interdiction de gérer ou faillite personnelle.

Article écrit par Clementine
Simplifiez votre compta avec un expert-comptable à vos côtés
Se faire accompagner

Vous consultez votre comptabilité et peinez à analyser vos comptes ? Le grand livre comptable constitue l'outil central pour maîtriser vos finances. Ce document obligatoire recense l'intégralité de vos mouvements financiers, classés par compte selon le plan comptable général.
9 min

·
Réserve légale : définition, calcul et obligationsVous venez de réaliser des bénéfices et vous vous interrogez sur leur affectation ? La réserve légale constitue une obligation comptable incontournable lors de l'approbation des comptes annuels. Mais comment la calculer ? Quelles sociétés sont concernées ? Comment l'utiliser une fois constituée ? Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur cette réserve légale pour respecter vos obligations et optimiser la gestion financière de votre entreprise.
8 min

·
L'exercice comptable, qu’est-ce que c’est ?L’exercice comptable structure la vie financière de votre entreprise, mais savez-vous vraiment à quoi il correspond et pourquoi il est si important ? Beaucoup d’entrepreneurs le voient comme une contrainte administrative, sans toujours en comprendre les enjeux concrets.
5 min